Vous vous sentez mal, votre médecin n’est pas disponible avant plusieurs jours, et vous vous demandez si une téléconsultation peut vous permettre d’obtenir un arrêt de travail. La réponse courte : oui, c’est possible, mais les règles ont été significativement durcies depuis 2025. Voici ce qu’il faut savoir avant de consulter à distance.
Ce que dit la loi : les règles depuis 2025
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 a introduit un cadre strict autour des arrêts de travail prescrits en téléconsultation. Désormais, un médecin procédant à une téléconsultation ne peut pas prescrire un arrêt de travail pour une durée supérieure à 3 jours, ni prolonger un arrêt en cours si cela conduit à porter sa durée totale à plus de 3 jours.
Deux autres mesures complètent ce dispositif. Les médecins exerçant principalement à l’étranger ne sont plus habilités à délivrer un arrêt de travail en téléconsultation, quelle que soit la durée. Et les plateformes dont l’activité principale consiste à prescrire ou renouveler des arrêts de travail à distance sont purement et simplement interdites.
Un point crucial sur l’indemnisation
C’est l’information que beaucoup ignorent encore. Depuis le 1er juillet 2025, les arrêts de travail prescrits en première intention en téléconsultation ne génèrent plus d’indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie. L’arrêt reste un justificatif d’absence valable auprès de l’employeur, mais il ne donne droit à aucune indemnisation de la CPAM.
En résumé : un arrêt obtenu en téléconsultation vous protège vis-à-vis de votre employeur, mais ne déclenche pas le versement d’indemnités journalières, sauf dans les cas d’exception décrits ci-dessous.
Les deux exceptions prévues par la loi
Le médecin traitant ou la sage-femme référente
Si l’arrêt de travail est délivré par le médecin traitant du patient ou la sage-femme référente dans le cadre d’une grossesse, la limite des 3 jours ne s’applique pas, et les indemnités journalières restent versées normalement.
C’est pourquoi il est fortement conseillé, si vous devez téléconsulter pour un arrêt, de le faire avec votre propre médecin traitant.
L’impossibilité de se déplacer
Si le patient se trouve dans l’impossibilité physique de se rendre chez un professionnel de santé pour obtenir une prolongation d’arrêt, une exception est prévue par la loi. Cette situation doit toutefois être justifiée et documentée.
Concrètement : comment ça se passe ?
Si vous téléconsultez avec un médecin habilité et que la situation le justifie, voici les étapes à suivre :
Le médecin évalue votre état lors de la consultation vidéo en pharmacie et, s’il le juge nécessaire, établit l’arrêt de travail. Les volets de l’arrêt doivent être envoyés dans les 48 heures, à votre employeur et à votre CPAM, pour que les démarches administratives soient en règle.
Lorsque la téléconsultation est réalisée avec le médecin traitant ou un professionnel de santé connu de l’assuré, elle suit le circuit habituel des soins et est remboursée par la Sécurité sociale aux taux en vigueur, avec éventuellement un complément pris en charge par la mutuelle.
Pourquoi ces nouvelles restrictions ?
Ces évolutions s’inscrivent dans une politique plus large de maîtrise des dépenses de santé. Entre 2019 et 2024, le nombre d’arrêts de travail indemnisés a augmenté de 10 %, pour atteindre 9,1 millions. En 2025, les dépenses d’indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie s’élèvent à 17,9 milliards d’euros, soit 7 milliards de plus qu’en 2016.
Face à cette hausse, le gouvernement a choisi de renforcer les contrôles sur les prescriptions à distance, notamment celles réalisées sans lien médical préalable entre le médecin et le patient. L’objectif n’est pas de supprimer la téléconsultation, mais d’en limiter les usages détournés.
Ce que permet concrètement SafeSanté en pharmacie
SafeSanté propose un service de téléconsultation directement dans des pharmacies partenaires. Le patient n’a pas besoin de matériel ni de connexion internet : il se rend en pharmacie, et le pharmacien l’accompagne tout au long de la consultation avec un médecin partenaire SafeSanté.
Dans ce cadre, le médecin SafeSanté peut prescrire un arrêt de travail, dans le respect du plafond légal de 3 jours. C’est une solution utile lorsque votre médecin traitant est indisponible et que votre état de santé nécessite un arrêt de courte durée.
L’arrêt délivré est un document médical à part entière, valable comme justificatif d’absence auprès de votre employeur. Pour toute situation nécessitant un arrêt plus long ou une indemnisation par la CPAM, le médecin SafeSanté peut vous orienter vers votre médecin traitant pour assurer la continuité de votre prise en charge.
Concrètement : comment ça se passe en pharmacie SafeSanté ?
La démarche est simple :
- Vous vous rendez dans une pharmacie partenaire SafeSanté
- Le pharmacien vous installe et vous accompagne sur le dispositif de téléconsultation
- Vous consultez un médecin partenaire SafeSanté en vidéo
- Si l’arrêt est justifié, le médecin le prescrit pour une durée maximale de 3 jours
- Les volets de l’arrêt doivent être transmis dans les 48 heures à votre employeur et à votre CPAM
Pas de salle d’attente, pas de déplacement chez un médecin : la consultation se déroule dans un espace dédié, encadré par le pharmacien.
Petite note de résumé
| Avec médecin traitant | Avec autre médecin | |
|---|---|---|
| Durée max de l’arrêt | Sans limite | 3 jours |
| Indemnités journalières | Oui | Non (depuis juillet 2025) |
| Justificatif employeur | Oui | Oui |
| Prolongation possible | Oui | Non au-delà de 3 jours |
La téléconsultation reste un outil utile pour les situations bénignes de courte durée. Mais pour tout arrêt nécessitant une indemnisation ou une durée supérieure à 3 jours, la consultation avec votre médecin traitant — en présentiel ou en téléconsultation — reste la voie à privilégier.
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