Le 26 janvier 2026, à la clôture des Assises de la télémédecine, le gouvernement a présenté une feuille de route télémédecine 2026-2028. Plafond de 20 % de téléconsultation, dérogations pour certains médecins, encadrement des lieux équipés, déclaration aux ARS : voici ce que contient ce plan, ce qui est déjà applicable et ce qui reste à l’état d’annonce, pour les médecins comme pour les pharmacies.
En bref : que prévoit la feuille de route télémédecine 2026-2028 ?
- Présentée le 26 janvier 2026 par Stéphanie Rist, ministre chargée de la Santé, après les Assises de la télémédecine lancées en juin 2025 par l’Assurance Maladie et la DGOS.
- Quatre axes : intégrer la télémédecine aux parcours de soins, renforcer la qualité et l’encadrement, cibler les patients qui en ont le plus besoin, former les professionnels.
- Plafond de 20 % de téléconsultation maintenu, avec des dérogations annoncées (retraités, remplaçants, moments de vie particuliers, périodes de tension) : aucun texte d’application publié au 31 octobre 2026.
- Pour les lieux équipés (dont les pharmacies) : encadrement renforcé sur la base des recommandations HAS de 2024 et déclaration préalable aux ARS annoncée.
D’où vient la feuille de route télémédecine 2026-2028 ?
Les Assises de la télémédecine ont été lancées le 27 juin 2025 par l’Assurance Maladie (CNAM) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Selon Caducée.net, la concertation a réuni plus de 1 000 acteurs, avec des auditions et sept ateliers organisés dans huit régions. La restitution, le 26 janvier 2026, s’est accompagnée d’une feuille de route sur trois ans.
Le contexte chiffré présenté à cette occasion, toujours selon Caducée.net : environ 14 millions de téléconsultations en 2025 (contre 17 millions en 2020, au pic de la crise sanitaire) et plus de 17 000 médecins généralistes qui utilisent la téléconsultation chaque mois, soit environ un sur trois.
Les quatre axes du plan
| Axe | Mesures annoncées |
|---|---|
| 1. Suivi et parcours de soins | Recommandations de sociétés savantes sous l’égide de la HAS (patients chroniques, téléexpertise) ; déploiement de la téléexpertise avec des standards communs ; résumé de téléconsultation transmis au médecin traitant. |
| 2. Accès des patients qui en ont le plus besoin | Publics ciblés : patients sans médecin traitant, territoires sous-denses, personnes dépendantes ou isolées ; plafond de 20 % maintenu avec dérogations ciblées ; téléconsultation assistée développée dans les établissements médico-sociaux, notamment les Ehpad. |
| 3. Qualité et encadrement | Encadrement des lieux d’implantation des équipements de téléconsultation (recommandations HAS 2024) ; déclaration préalable obligatoire aux ARS, avec information des CPAM et des CPTS. |
| 4. Compétences | Formations théoriques et pratiques, y compris en télé-sémiologie, à construire avec les universités et les sociétés savantes. |
Comme le relève Acuité, la feuille de route ne donne ni calendrier détaillé ni chiffrage pour ses mesures : leur mise en œuvre dépend de textes (décrets, arrêtés, avenants conventionnels) qui restent à publier.
Pour les médecins : le plafond de 20 % et les dérogations annoncées
Selon l’Assurance Maladie, un médecin ne peut pas réaliser plus de 20 % de son activité conventionnée à distance sur une année. Cette règle concerne aussi les médecins salariés qui exercent pour une société de téléconsultation.
La feuille de route ne supprime pas ce plafond. Elle annonce des dérogations ciblées pour :
- les médecins retraités, qui souhaitent garder une activité (voir notre article sur le cumul emploi-retraite du médecin en téléconsultation) ;
- les médecins remplaçants ;
- les médecins traversant des « moments de vie particuliers » (par exemple après la naissance d’un enfant, selon Acuité) ;
- les périodes de tension sur l’offre de soins, l’été ou l’hiver par exemple.
Ce qui est applicable au 31 octobre 2026 : le plafond de 20 % tel que décrit par l’Assurance Maladie. Les dérogations ont été annoncées le 26 janvier 2026 (voir aussi Maire-info, d’après l’AFP), mais aucun texte officiel ne les met en œuvre à ce jour. Il est donc prudent de ne pas en tenir compte pour organiser son activité.
Pour estimer ce que représente une activité de téléconsultation dans ce cadre, consultez notre article combien gagne un médecin en téléconsultation ou le simulateur de rémunération.
Pour les pharmacies : lieux équipés, HAS et déclaration aux ARS
La feuille de route veut « encadrer davantage » les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation en s’appuyant sur les recommandations de la HAS publiées en mars 2024. Ces recommandations conseillent de privilégier les lieux de soins dans lesquels exerce un professionnel de santé, comme les pharmacies, les centres de santé ou les laboratoires. Elles demandent aussi :
- un espace calme, lumineux et isolé, qui garantit la confidentialité des échanges ;
- qu’aucun équipement ne soit installé directement sur l’espace public ;
- la présence sur place d’une personne formée et tenue au secret professionnel pour accueillir et accompagner le patient si besoin.
Elle annonce également une déclaration préalable obligatoire auprès des ARS, avec information des CPAM et des CPTS. Ses modalités (contenu, calendrier) ne sont pas encore publiées.
Ces orientations rejoignent les conditions déjà exigées par l’Assurance Maladie pour la téléconsultation en officine : local fermé, équipements minimaux (stéthoscope et otoscope connectés, oxymètre, tensiomètre) et vidéotransmission. Le détail des exigences et des aides (forfait équipement de 1 225 € TTC la première année, forfait d’assistance plafonné à 750 € TTC par an) est présenté dans notre article sur la borne de téléconsultation en pharmacie et dans notre guide réglementation et rémunération de la téléconsultation en pharmacie.
Pour les patients : ce qui ne change pas
Pour le patient, la feuille de route ne modifie ni le tarif ni les règles de remboursement. Une téléconsultation chez un médecin généraliste est facturée 25 € et la téléconsultation est remboursée par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de prise en charge. Pour savoir comment se déroule une consultation à distance accompagnée en officine, lisez notre guide téléconsultation en pharmacie : comment ça marche.
Et maintenant ? Les prochaines étapes à suivre
- la publication des textes fixant les dérogations au plafond de 20 % ;
- les modalités de la déclaration préalable aux ARS pour les lieux équipés ;
- les recommandations des sociétés savantes sous l’égide de la HAS ;
- le budget de la Sécurité sociale pour 2027, dont le projet comporte des mesures sur la téléconsultation (voir notre article PLFSS 2027 et téléconsultation).
Nous mettrons cet article à jour dès la publication d’un texte officiel.
Safesanté dans ce cadre
Safesanté propose la téléconsultation dans plus de 600 pharmacies, avec un médecin disponible en moins de 3 minutes, 7 jours sur 7 de 6 h à minuit. Pour les officines, le kit de téléconsultation est à 0 €, sans frais fixes, avec paiement à l’usage, tablette et dispositifs médicaux CE inclus (voir l’offre pharmacie). Pour les médecins, Safesanté recrute des médecins salariés en télétravail dans chaque région, rémunérés 60 à 90 € brut de l’heure, facturation et paie gérées (voir les offres de recrutement).
Pour savoir concrètement comment devenir médecin téléconsultant en 2026 dans ce cadre, consultez notre guide des conditions et démarches.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la feuille de route télémédecine 2026-2028 ?
C’est le plan national présenté le 26 janvier 2026 par Stéphanie Rist, ministre chargée de la Santé, à la clôture des Assises de la télémédecine. Il fixe quatre axes pour 2026-2028 : intégrer la télémédecine aux parcours de soins, renforcer la qualité et l’encadrement des usages, cibler les patients qui en ont le plus besoin et développer les compétences des professionnels.
Le plafond de 20 % de téléconsultation est-il supprimé ?
Non. La feuille de route maintient le plafond de 20 % d’activité réalisée à distance et annonce des dérogations ciblées : médecins retraités, remplaçants, « moments de vie particuliers » et périodes de tension sur l’offre de soins. Au 31 octobre 2026, aucun texte officiel ne met ces dérogations en œuvre : le plafond actuel continue de s’appliquer.
Qu’est-ce que la feuille de route change pour les pharmacies ?
Elle prévoit d’encadrer davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation, en s’appuyant sur les recommandations publiées par la HAS en mars 2024, qui privilégient les lieux de soins où exerce un professionnel de santé, comme les pharmacies. Elle annonce aussi une déclaration préalable obligatoire auprès des ARS, avec information des CPAM et des CPTS. Les modalités pratiques restent à préciser.
Les médecins salariés d’une société de téléconsultation sont-ils concernés ?
Oui. Selon l’Assurance Maladie, le plafond de 20 % s’applique aussi aux médecins salariés qui exercent pour une société de téléconsultation. Tant que les dérogations annoncées ne sont pas inscrites dans un texte, leur périmètre exact, y compris pour les salariés, n’est pas connu.
Le patient paie-t-il plus cher une téléconsultation en pharmacie ?
Non. Une téléconsultation chez un médecin généraliste est facturée 25 €, et la téléconsultation est remboursée par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de prise en charge. Chez Safesanté, aucun frais de service n’est facturé au patient.
Sources : Caducée.net, 26 janvier 2026 ; Acuité, 29 janvier 2026 ; Maire-info, d’après l’AFP, 27 janvier 2026 ; Assurance Maladie – La téléconsultation (médecins) ; HAS – Lieux d’implantation des cabines de téléconsultation, mars 2024. Article publié le 31 octobre 2026.
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