Proposer la téléconsultation en pharmacie est devenu un service attendu par les patients, surtout là où il est difficile d’obtenir un rendez-vous médical. Avant de vous lancer, trois questions reviennent chez les titulaires : que dit la réglementation, combien l’Assurance Maladie rémunère-t-elle l’officine, et comment rendre le service rentable ? Voici les réponses, à jour en 2026.

Ce que la convention pharmaceutique impose

L’assistance à la téléconsultation en officine est encadrée par la convention nationale des pharmaciens titulaires d’officine, signée le 9 mars 2022 et approuvée par l’arrêté du 31 mars 2022. Selon l’Assurance Maladie, la pharmacie doit disposer :

  • d’un local fermé garantissant la confidentialité des échanges et l’intimité du patient ;
  • d’une solution de vidéotransmission sécurisée, avec traçabilité ;
  • d’un équipement minimum : stéthoscope connecté, otoscope connecté, oxymètre et tensiomètre.

Un local fermé ne veut pas dire une pièce dédiée en permanence : nous détaillons ce point dans notre article Téléconsultation en officine : faut-il un espace dédié ?

Le rôle du pharmacien pendant la téléconsultation

Le pharmacien ou le préparateur accueille le patient, l’installe et assiste le médecin téléconsultant dans certains gestes de l’examen clinique, par exemple en positionnant le stéthoscope ou l’otoscope connectés. Il peut ensuite aider le patient à comprendre sa prise en charge et lui délivrer directement son traitement.

Combien l’Assurance Maladie rémunère la pharmacie

La rémunération de l’officine repose sur deux forfaits, versés sous conditions (déclaration de l’activité sur amelipro et facturation du code traceur « TLM » à chaque téléconsultation) :

RémunérationMontantConditions
Forfait équipement (1re année)1 225 € TTCCouvre l’abonnement technique et l’équipement minimum ; déclaration sur amelipro
Forfait annuel variableDe 25 € à 750 € TTC par anSelon le nombre de téléconsultations assistées : 25 € dès 1 à 5 téléconsultations, 750 € à partir de 146
Code traceur TLM0,01 € depuis le 22 mai 2026Avenant n°2 : le code ne vient plus en déduction de la rémunération forfaitaire

Source : ameli.fr – Assistance à la téléconsultation en officine. Les montants peuvent évoluer avec les avenants conventionnels : vérifiez toujours la version en vigueur.

Au-delà des forfaits : ce qui rend la téléconsultation rentable

Les forfaits couvrent l’équipement, mais la vraie rentabilité vient de ce que le service apporte au comptoir :

  • de nouveaux patients qui choisissent votre officine parce qu’ils peuvent y voir un médecin sans rendez-vous ;
  • des ordonnances délivrées sur place, juste après la consultation ;
  • des ventes associées et une fidélisation accrue ;
  • une image de pharmacie de services, qui répond à la désertification médicale de votre territoire.

Pour que cela fonctionne, deux conditions comptent plus que le matériel : un médecin disponible rapidement à toute heure d’ouverture, et une visibilité forte auprès des patients du quartier.

Côté patient : comment se déroule une téléconsultation en pharmacie ?

Pour le patient, la téléconsultation en pharmacie est une consultation médicale à part entière, réalisée par vidéotransmission. L’Assurance Maladie cite d’ailleurs expressément, parmi les lieux possibles, la « pharmacie équipée d’une cabine ou un chariot de téléconsultation » (ameli.fr, page Téléconsultation). Savoir expliquer le déroulé en quelques phrases au comptoir est souvent ce qui convainc un patient d’essayer.

  1. Accueil et orientation. Le pharmacien vérifie que la demande relève bien d’une téléconsultation (en cas d’urgence vitale, le bon réflexe reste le 15) et installe le patient dans l’espace de confidentialité.
  2. Mise en relation. Avec SafeSanté, un médecin répond en moins de 3 minutes, 7 jours sur 7 de 6 h à minuit.
  3. Examen assisté. À la demande du médecin, le pharmacien aide le patient à utiliser les dispositifs connectés : stéthoscope, otoscope, oxymètre, thermomètre, tensiomètre.
  4. Prescription et suite. Le médecin rédige, si besoin, une ordonnance que le patient peut faire délivrer dans la foulée.

Prise en charge : ce qu’il faut savoir

  • Prise en charge. Téléconsultation remboursée par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de prise en charge.
  • Parcours de soins. La prise en charge suppose en principe une orientation par le médecin traitant. Ce n’est pas exigé notamment pour les moins de 16 ans, les situations d’urgence et les spécialités en accès direct.
  • Proximité. Le médecin téléconsultant doit en principe se situer à proximité du domicile du patient, avec des exceptions, par exemple pour un patient sans médecin traitant résidant dans une zone où l’offre de soins est faible.
  • Tiers payant. Il peut être pratiqué selon la situation du patient ; il est notamment appliqué intégralement pour les patients en affection de longue durée, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.
  • Décision médicale. Toute prescription relève de la seule appréciation du médecin téléconsultant, qui peut aussi orienter le patient vers une consultation en présentiel.

Les règles détaillées et leurs mises à jour figurent sur la page officielle de l’Assurance Maladie. Pour aider vos patients à se préparer, vous pouvez aussi leur indiquer quels documents apporter avant une téléconsultation et comment fonctionne une téléconsultation pas à pas.

Borne, cabine ou kit mobile : quel format choisir ?

Les cabines fermées sont coûteuses et encombrantes. Un kit mobile certifié CE, utilisé dans votre espace de confidentialité, répond aux exigences de la convention sans travaux. Nous comparons les options dans Doc2U ou cabine de téléconsultation.

L’offre SafeSanté pour les pharmacies

  • Kit de téléconsultation à 0 €, tablette incluse : stéthoscope, otoscope, oxymètre, thermomètre et tensiomètre, dispositifs certifiés CE ;
  • sans frais fixes : paiement à l’usage ;
  • un médecin en moins de 3 minutes, 7j/7 de 6h à minuit ;
  • un accompagnement marketing pour faire connaître le service : fiche sur notre annuaire des pharmacies, supports en vitrine ;
  • un réseau de plus de 600 pharmacies partenaires.

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Questions fréquentes

Faut-il un local dédié pour la téléconsultation en pharmacie ?

La convention exige un local fermé garantissant la confidentialité, mais pas une pièce réservée exclusivement à la téléconsultation. Votre espace de confidentialité peut convenir.

Quel équipement est obligatoire ?

Au minimum un stéthoscope connecté, un otoscope connecté, un oxymètre et un tensiomètre, ainsi qu’une solution de vidéotransmission sécurisée.

Combien touche une pharmacie pour la téléconsultation ?

L’Assurance Maladie verse un forfait équipement de 1 225 € TTC la première année, puis un forfait annuel de 25 € à 750 € selon le nombre de téléconsultations réalisées, sous réserve de déclaration sur amelipro et de facturation du code TLM.

Combien coûte l’offre SafeSanté ?

Le kit est fourni à 0 €, sans frais fixes : vous payez à l’usage. Contactez-nous pour le détail adapté à votre officine.

La téléconsultation en pharmacie est-elle remboursée ?

Téléconsultation remboursée par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de prise en charge. Les règles applicables (parcours de soins, proximité du médecin, exceptions notamment pour les moins de 16 ans et les urgences) sont détaillées par l’Assurance Maladie.

Que peut faire le médecin lors d’une téléconsultation en pharmacie ?

Il pose un diagnostic à distance en s’appuyant, si besoin, sur les dispositifs connectés, puis peut rédiger une ordonnance ou orienter le patient vers une consultation en présentiel ou les urgences. Toute prescription relève de sa seule appréciation médicale.

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